Culture et loisirs

Lisa Hemery : Elle est la vie

Écrit par Gestionnaire. Publié dans Culture et loisirs

Maman,

J 'ai enfin fait mon choix. Il faut que je t’avoue quelque chose. Depuis que je l'ai rencontrée je suis heureux, elle me rend heureux. Tu sais ces derniers temps j’étais à l’Ouest, tu l'as remarqué d’ailleurs.Tu te souviens quand tu m’appelais pour que je rentre à la maison, tu t'inquiétais pour moi mais ne t’en fais pas Maman, j’ai trouvé quelqu’un qui veillera sur moi. On s’est rencontré à l’hôpital le jour où j’ai fait mon malaise. Elle a pris soin de moi ce jour-là. On s’est ensuite rapproché, elle est très vite devenue quelqu’un sur qui je peux compter. Je suis tombé amoureux d’elle. Bordel si tu savais comme je l’aime. Aujourd’hui j’ai décidé de partir, j’ai besoin de m’enfuir avec elle, loin de tout, loin de cette vie qui m’étouffe depuis dix-neuf ans. Je sais ce que tu penses, que je ferais mieux de rester mais c'est trop tard. Elle me rend fou, je pourrais faire n’importe quoi pour elle. Je sais que je vais vous faire du mal à toi et à Papa mais c’est comme ça n’est-ce pas ? Souviens-toi de l'époque où vous vous êtes rencontrés avec Papa. Pense au moment où vous êtes tombés amoureux l’un de l’autre. Ne me dis pas que tu n’avais pas qu’une seule envie, celle de partir avec lui... Eh bien moi c’est ce que je choisis et je pense avoir fait le bon choix. Elle est celle qu’il me faut j’en suis sûr ! N’essaie pas de me retrouver. A l’heure où tu liras ceci je serai déjà loin. Pardonnez-moi. Je vous aime fort. Jack.

Après avoir lu ceci je m`écroulai. Mon fils avait décidé de partir mais comment allais-je faire sans lui ? Il a toujours été là pour moi et moi pour lui. Il n’avait laissé que cette lettre sans indications ni sur l’endroit où il se trouvait ni sur cette charmante demoiselle avec qui il s’était enfui... Mon fils ne pouvait pas faire les choses correctement nous la présenter la voir tous les jours, penser que c’est la femme de sa vie, puis ils se quittent et il en retrouve une autre comme un gosse de dix-neuf ans ? Non lui préfère se barrer avec cette inconnue dans un endroit inconnu en laissant seulement cette lettre. Plus les minutes passaient, plus je relisais cette lettre, plus j’étais énervée, en colère, j’avais envie de tout casser mais pourtant malgré tout je ressentais toujours un sentiment de tristesse. J’avais mal au cœur. Bien sûr que je l’aime mon fils mais il est vraiment inconscient parfois. J’essayai «quand même de l’appeler mais bien sûr pas de réponse. Au fond de moi je m’en voulais j’avais l’impression de ne pas avoir fait les choses comme il fallait, j’en voulais à son père de ne pas être souvent à la maison, j’en voulais à cette fille, j’en voulais à l’homme qui avait fabriqué ce foutu stylo avec lequel il avait écrit cette lettre, je lui en voulais à lui de ne pas m’en avoir parlé plus tôt. J’en voulais au monde entier ! On frappa à la porte.

Cela faisait quatre jours que j’étais sans nouvelles de lui. J 'avais tenté d'appeler la police pour signaler sa disparition mais mon mari m’en a empêché sous prétexte qu'il allait arrêter ses conneries et qu’il allait revenir d’ici peu de temps.

C’était un officier de police. Le visage fermé mais à la fois rempli de tristesse. Impossible de savoir ce qu’il se passait dans la tête de cet homme. Sans attendre il prit la parole : << Bonjour Madame >>. Je répondis seulement par un léger signe de la tête << Je suis vraiment navré mais j’ai une nouvelle assez délicate à vous annoncer. Nous avons retrouvé le corps de votre fils en bas d’une falaise. Pendant la matinée un homme nous a appelés pour nous le signaler. Cela fait trois jours que son corps était sur place. Il s’est suicidé. Il a laissé ceci dans la poche de son manteau pour vous. ›› Je restai clouée au sol. Ca faisait mal, très mal de l'entendre. J’étais anéantie. Cette fois-ci ce n’était pas seulement moi qui m'écroulais, C’était mon monde entier qui s'écroulait. Je ne pris pas la peine de répondre et me mis à pleurer. J’ouvris le petit bout de papier et lu ces quelques mots, les derniers

<< Elle est la mort >>.